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Wegovy et Mounjaro : les injections pour maigrir sont-elles vraiment une solution miracle ?

il y a 3 jours
8 min de lecture


Les injections pour perdre du poids suscitent un engouement grandissant. Elles promettent des résultats impressionnants, parfois après des années de régimes infructueux. Mais perdre du poids rapidement signifie-t-il forcément prendre soin de sa santé ?


En tant que diététicienne nutritionniste, je défends une approche du poids fondée sur l'écoute du corps, le respect des sensations alimentaires et des changements durables dans les habitudes de vie. Je souhaite aujourd'hui partager mon regard sur ces traitements et expliquer pourquoi je privilégie une autre approche.


Wegovy et Mounjaro : pourquoi tout le monde en parle ?


Depuis quelques mois, de plus en plus de patients viennent me parler des injections pour maigrir. Certains ont déjà commencé un traitement, d'autres espèrent obtenir une prescription. Deux noms reviennent régulièrement : Wegovy et Mounjaro.


Ces médicaments, administrés par injection une fois par semaine, sont utilisés dans certaines situations d'obésité ou de surpoids associé à des problèmes de santé. Mounjaro est également indiqué dans le traitement du diabète de type 2.

Leur popularité s'explique notamment par les pertes de poids importantes observées dans les études cliniques, mais aussi par une évolution récente de leur prise en charge en France.

Depuis le 15 juin 2026, Wegovy et Mounjaro peuvent être remboursés par l'Assurance Maladie, sous certaines conditions strictes.


Obtenir une ordonnance ne garantit donc pas un remboursement : les critères de prescription de ces médicaments sont en effet beaucoup plus larges que ceux de la prise en charge.

Il ne s'agit donc pas de simples produits minceur accessibles à tous. Ces médicaments sont destinés à des situations médicales précises et interviennent en complément d'une prise en charge globale, notamment nutritionnelle.


Comment fonctionnent ces injections et quels résultats peut-on attendre ?


Wegovy contient du sémaglutide, une molécule qui imite l'action d'une hormone appelée GLP-1. Mounjaro contient du tirzépatide, qui agit sur deux récepteurs hormonaux : le GLP-1 et le GIP.

Ces hormones participent notamment à la régulation de l'appétit et de la glycémie.

Concrètement, ces traitements agissent sur les mécanismes hormonaux et cérébraux qui régulent la faim et la satiété. Ils permettent généralement de ressentir plus rapidement la satiété, de réduire la faim et les envies alimentaires, et donc de manger moins.


Des résultats cliniques significatifs

Leur efficacité sur la perte de poids est bien réelle. Dans les études cliniques, les participants ont perdu en moyenne :

  • Environ 15 % de leur poids avec Wegovy, après 68 semaines de traitement (étude STEP 1, 2021).

  • Jusqu'à 21 % avec Mounjaro, après 72 semaines, à la dose la plus élevée étudiée (étude SURMOUNT-1, 2022).

Ces résultats proviennent de deux études distinctes, réalisées dans un cadre médical encadré, avec un accompagnement sur les habitudes de vie. Ils varient selon les personnes, les doses utilisées et les situations médicales.

Ces traitements peuvent donc représenter une véritable avancée pour certaines personnes souffrant d'obésité. Des études ont également démontré des bénéfices sur certains risques cardiovasculaires et métaboliques, dans des populations spécifiques.

Mais efficacité ne signifie pas solution miracle. Les résultats sur la balance ne résument pas à eux seuls les effets d'un traitement sur la santé et le rapport à l'alimentation.

Il est donc essentiel d'en connaître aussi les limites.


Perdre du poids grâce aux injections : quelles sont les limites ?


Une diminution de l'appétit parfois difficile à vivre


L'un des principaux effets recherchés de ces injections est de réduire la sensation de faim. Mais pour certaines personnes, cette diminution de l'appétit peut devenir contraignante.

En consultation, j'entends des témoignages de patients qui n'ont presque plus envie de manger, qui se sentent rapidement écœurés ou qui souffrent de nausées.

Et c'est parfois le plaisir de manger lui-même qui est affecté. Des études montrent que ces traitements peuvent modifier les préférences alimentaires. Certaines personnes rapportent même une aversion pour des aliments qu'elles aimaient auparavant.

Or, manger ne consiste pas uniquement à se nourrir. C'est aussi une source de plaisir et de convivialité, une dimension essentielle de l'alimentation que je tiens à préserver dans mon accompagnement.


Manger moins : attention aux carences nutritionnelles


Manger moins ne signifie pas nécessairement manger mieux. Lorsque les quantités consommées deviennent trop faibles, il peut être difficile de couvrir ses besoins en protéines, vitamines et minéraux. Une perte de poids importante peut également s'accompagner d'une diminution de la masse musculaire.

Ce risque n'est pas seulement théorique : dans son rapport de pharmacovigilance d'octobre 2026, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rapporte des cas de carences nutritionnelles et de malnutrition chez des patients traités par des médicaments de cette famille.


Des risques connus, mais encore des incertitudes à long terme


Les effets secondaires les plus connus de Wegovy et Mounjaro sont digestifs : nausées, vomissements, diarrhées, constipation ou douleurs abdominales. Ils apparaissent surtout au début du traitement ou lors de l'augmentation des doses. Généralement passagers, ils peuvent parfois être suffisamment importants pour provoquer une déshydratation ou conduire à l'arrêt du traitement.

Des complications plus graves, mais moins fréquentes, peuvent également survenir, notamment une inflammation du pancréas (pancréatite) ou des problèmes de vésicule biliaire, comme les calculs biliaires.


Et qu'en est-il des conséquences d'un traitement pris pendant 10 ou 20 ans ?

Si plusieurs années d'études cliniques permettent déjà de connaître les principaux bénéfices et risques de ces médicaments, nous ne disposons pas encore de données sur leur utilisation pendant plusieurs décennies dans le traitement de l'obésité.

Cela ne signifie pas qu'ils sont dangereux à long terme, mais certaines incertitudes subsistent. C'est pourquoi leur utilisation ne doit pas être banalisée et nécessite une évaluation médicale individuelle des bénéfices et des risques.


Que se passe-t-il lorsqu'on arrête Wegovy ou Mounjaro ?


C'est une question importante, car ces traitements peuvent devoir être poursuivis pendant plusieurs années. Ils représentent aussi un coût non négligeable qui peut être difficile à supporter, lorsqu'ils ne sont pas remboursés.

Mais que deviennent les kilos perdus lorsqu'on arrête les injections ?

Une étude publiée en 2022 a montré que les participants ayant arrêté le sémaglutide (Wegovy) avaient repris, en moyenne, environ les deux tiers du poids perdu dans l'année suivant l'arrêt du traitement.

Une autre étude, portant sur Mounjaro, a également mis en évidence une reprise de poids importante chez les participants ayant interrompu leur traitement.

Cela ne signifie pas que tout le monde reprend systématiquement les kilos perdus. Mais les résultats peuvent être difficiles à maintenir, notamment lorsque l'appétit revient.

Avant de commencer ces injections, il est donc essentiel de réfléchir aussi à l'après-traitement, et pas uniquement à la perte de poids espérée.


Injections pour maigrir : le regard d'une diététicienne


Je ne recommande pas personnellement ces injections comme solution pour perdre du poids. Non pas parce que je nie leur efficacité ou leur intérêt médical dans certaines situations, mais parce qu'elles vont à l'encontre de la démarche que je défends au quotidien dans mes consultations.


La faim : un signal à écouter, pas un ennemi à combattre


Mon travail consiste à vous apprendre à écouter votre faim, pas à la considérer comme un ennemi.

La faim et la satiété sont des signaux essentiels de notre corps. Pourtant, après des années de régimes et de restrictions, beaucoup de personnes ont perdu l'habitude de leur faire confiance.

C'est tout le sens de l'alimentation intuitive : réapprendre à reconnaître ces sensations, comprendre ce qui nous pousse à manger et retrouver le plaisir des repas, sans culpabilité.

Comment encourager une approche qui vient précisément éteindre les signaux que j'aide mes patients à réapprendre à écouter ?


Et si, à force de vouloir aller vite, nous oubliions de prendre soin de nous ?


C'est probablement ce qui me préoccupe le plus dans l'engouement actuel. En consultation, je rencontre des personnes qui me disent avoir tout essayé et vouloir désormais une solution rapide.

Je comprends leur lassitude. Après plusieurs régimes, des frustrations répétées et parfois des années de difficultés avec leur poids, il est naturel d'espérer enfin des résultats. Mais je constate aussi que certaines personnes deviennent moins disponibles pour envisager un travail de fond sur leurs habitudes alimentaires.

Prendre le temps de faire ses courses, de cuisiner, de bouger, de mieux dormir ou simplement de comprendre son rapport à la nourriture peut sembler moins séduisant qu'un traitement promettant une perte de poids rapide.

Pourtant, prendre soin de soi ne se résume pas à atteindre un objectif de poids. C'est aussi s'accorder du temps et de l'attention au quotidien.


Une autre approche, à votre rythme


Dans mes consultations, je privilégie une démarche progressive : comprendre vos besoins, retrouver des repères alimentaires et construire des habitudes adaptées à votre quotidien, sans multiplier les interdits ni les régimes restrictifs.

Face aux échecs répétés, l'espoir que suscitent ces injections est parfaitement compréhensible. Mon rôle n'est ni de juger ni de minimiser votre parcours, mais de vous rappeler qu'il existe d'autres manières de prendre soin de votre santé. Quelle que soit votre histoire avec votre poids, vous méritez un accompagnement qui respecte vos besoins, votre rythme et votre relation à l'alimentation.


C'est dans cet esprit que je vous accueille en consultation, pour vous aider à retrouver du plaisir à manger et davantage de sérénité dans votre alimentation.






Questions fréquentes sur Wegovy et Mounjaro


Les injections Wegovy et Mounjaro sont-elles remboursées ?

Depuis le 15 juin 2026, ces médicaments peuvent être remboursés par l'Assurance Maladie sous certaines conditions, notamment en cas d'obésité sévère et après une prise en charge nutritionnelle adaptée. Toutes les prescriptions ne donnent pas droit à un remboursement.


Faut-il prendre Wegovy ou Mounjaro à vie ?

Ces médicaments sont destinés à une prise en charge potentiellement prolongée. Leur arrêt peut entraîner une reprise de poids, mais la durée du traitement est individualisée et régulièrement réévaluée par le médecin.


Une diététicienne peut-elle prescrire Wegovy ou Mounjaro ?

Non. Ces médicaments nécessitent une prescription médicale. En tant que diététicienne nutritionniste, je ne suis pas habilitée à les prescrire et, conformément à mon positionnement professionnel, je ne rédige pas de courrier ou d'attestation destinés à soutenir ou valider une demande de prescription auprès d'un médecin.

Je peux en revanche proposer un accompagnement nutritionnel aux personnes qui suivent déjà un traitement, notamment pour veiller à leurs apports alimentaires ou les accompagner après un arrêt décidé avec leur médecin.


Puis-je consulter une diététicienne si je prends déjà Wegovy ou Mounjaro ?

Oui. Même si je ne recommande pas personnellement ces injections pour perdre du poids, je peux vous accompagner pour maintenir une alimentation adaptée à vos besoins. Lorsque l'appétit diminue fortement, il est notamment important de veiller à conserver des apports nutritionnels suffisants. Cet accompagnement complète le suivi de votre médecin.


Une diététicienne peut-elle m'accompagner après l'arrêt des injections ?

Oui. Après l'arrêt de Wegovy ou Mounjaro, le retour de l'appétit peut être difficile à gérer et une reprise de poids est fréquente. Je peux vous aider à retrouver vos sensations alimentaires, à reconstruire vos repères et à adapter vos habitudes progressivement. La décision d'arrêter le traitement doit toutefois être discutée avec votre médecin, et cet accompagnement ne garantit pas l'absence de reprise de poids.





Sources scientifiques et médicales

Les informations médicales présentées dans cet article reposent notamment sur les études et recommandations suivantes :


Efficacité des traitements

Appétit et préférences alimentaires

Reprise de poids après l'arrêt

Sécurité et recommandations françaises

Cet article est destiné à informer et ne remplace pas une consultation médicale. Toute décision concernant la prescription, la poursuite ou l'arrêt d'un traitement doit être discutée avec le médecin qui assure votre suivi.

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